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Le Blog de Sek Taalé

Blog sur l'actualité du Burkina Faso et du monde

20 janvier 2006

Luc Alphand, vainqueur du Paris-Dakar et du racisme ordinaire ?

« Il faut connaître l’Afrique pour savoir ce que c’est : ils chantent, ils dansent, ils courent parce que c’est super pour eux, le rallye. Ils sont inconscients ».

De qui sont ces propos ? De Jean-Marie Le Pen ? Philippe de Villiers ? Que nenni ! De Luc Alphand ! Grand vainqueur pétaradant du dernier « Paris-Dakar » dans un grand hebdomadaire français. Renversant ? Peut-être !

On a l’habitude de dire de certains sportifs qu’ils ont tout dans les jambes et rien dans la tête. C’est peut-être le cas de Luc Alphand, désormais champion polyvalent de ski et de rallye. Mais les propos renversants ne sont plus le monopole des seuls sportifs au cerveau «hypotrophié ».

Les propos de  Luc Alphand ne sont en définitive que l’expression du racisme ordinaire, nourri par des clichés imbéciles et multiséculaires. Un discours qui resurgit quand dans certaines situations le vernis de l’hypocrisie craquelle.

On l’a vu avec la crise dans les banlieues françaises. Que n’a-t-on pas entendu ? Même de la bouche de quelques spécimens de l’intelligentsia française ? Le philosophe Alain Finkielkraut a ainsi analysé cette crise :  «Le problème est que la plupart de ces jeunes sont noirs ou arabes et s’identifient à l’Islam. Il y a en effet en France d’autres émigrants en situation difficile, chinois, vietnamiens portugais, et ils ne participent pas aux émeutes. Il est donc clair qu’il s’agit d’une révolte à caractère ethnico-religieux ».

Quant à Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuelle de l’Académie française, elle aurait raflé le trophée s’il y avait eu un concours des déclarations les plus stupides. Cette éminence grise et immortelle, se croyant loin d’oreilles indiscrètes, expliquait ainsi dans les médias russes la crise des banlieues : «Ces gens, ils viennent directement de leurs villages africains. Or la ville de Paris et les autres villes d’Europe, ce ne sont pas des villages africains. Par exemple, tout le monde s’étonne : pourquoi les enfants africains sont dans la rue et pas à l’école ? Pourquoi leurs parents ne peuvent pas acheter un appartement ? C’est clair, pourquoi : beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames. Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et 25 enfants. Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi ! On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues.»

Sans commentaire !

Sek Taalet

Lire aussi : Rallye Paris-Dakar : un spectacle arrogant et humiliant

Posté par sektaalet à 12:15 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 janvier 2006

Burkina Faso : Le Yonli nouveau est arrivé !

Les amateurs de bons vins diraient que le Yonli nouveau est arrivé. D'un logiciel, on aurait parlé d'un Yonli II.1 pour annoncer la première mouture de cette deuxième version du gouvernement Yonli.

La version I.0, lancée en novembre 2000 a plutôt connu un franc succès. Au-delà des espérances mêmes car la nomination de celui qui était alors ministre de la Fonction publique a surpris les observateurs de la scène nationale qui ne misaient pas beaucoup sur sa longévité. La suite, on la connaît.

L'ouragan Norbert Zongo lancé quelques mois avant a été maîtrisé et iln'y a pas eu de tsunami au BF. Bien au contraire, les réformes institutionnelles concédées par le pouvoir de Blaise Compaoré ont permis de bonifier l'Etat de droit de la IVè République du Burkina.

Et malgré un autre ouragan sur la côte Sud du pays déclenché par la crise ivoirienne, le Yonli I.3 (après trois remaniements ministériels) a même termine son cycle avec un taux de croissance de 7,5% selon son programmateur, Blaise Compaoré (qui en est lui à sa quatrième version, après le Blaise I de 1987, Blaise II de 1991, Blaise III de 1998 et Blaise IV depuis le 13 novembre dernier).

Alors, pourquoi ne pas faire un bonus à celui qui a battu les records de tous ses prédécesseurs au 10, de la rue Agostino-Neto, siège du Premier ministère burkinabè ?

Est-ce une prime à la stabilité politico-sociale ou le signe d'une panne d'imagination politique ? L'avenir nous le dira. Mais touchons du bois pour que ce bonus ne soit pas un cadeau empoisonné !

A Lire : Gouvernement : la nouvelle équipe de Paramanga Ernest Yonli (http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=11747)

Sek Taalet

Posté par sektaalet à 15:43 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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